Islande ’16

Iceland ’16
10 avril 2017
Canada ’16
10 janvier 2017
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Pour cette semaine de vacances, il va de soi que nous ne pouvions pas explorer toute l'Islande. Nous avons choisi de nous concentrer notre visite sur le Sud Ouest de l'île autour de la Route 1.

Sans surprise, notre parcours commence à Reykjavik, la capitale du pays et là où habitent près de deux tiers des Islandais. Nous avons ensuite pris la direction de l'Ouest vers le Cercle d'Or, puis nous avons longé le littoral en direction de Vík. Sur la route nous avons fait halte dans la réserve naturelle de Dyrhòlaey qui surplombe la mer et les plages de sables noir de Reynisfjara. Après Vìk nous avons traversé un paysage totalement désertique en direction du Vatnajökull et plus particulièrement du Jökulsarlon, un magnifique lac créé par la fonte du glacier et recouvert d'Icebergs. Enfin, nous avons fait demi-tour et toujours sur la Route 1, nous avons rejoint Reykjavik pour nous rendre au Sud cette fois-ci et terminer notre voyage au Blue Lagoon.

Première difficulté de ce voyage : la langue. Bien qu'elle partage une partie de notre alphabet, l'islandais est une langue vraiment difficile à prononcer et dont l'orthographe varie. Parfois les noms sont anglicisés, parfois pas. Cela nous a valu quelques fou-rires. Notre GPS est très indécis et alterne les versions des noms. Par exemple, cette lettre "Þ" dans Þingvellir ressemble à un "P". Et bien pas du tout, elle se prononce comme le "th" anglais et l'orthographe Thingvellir est donc possible. Pratique ? Non.

Reykjavik est une étape à part dans notre voyage pour plusieurs raisons.

D'abord, c'est une ville. Cela peut paraître bête mais c'est certainement la seule ville d'Islande. Partout ailleurs nous rencontrons plutôt des villages.

Nous sommes familiers des villes nordiques des pays du Nord de l'Europe. L'un de nous a même séjourné en Norvège pendant plusieurs mois. Nous y retrouvons toutes les marques familières de ces villes. Celles-ci laisse une impression très agréable, on s'y sent tout de suite bien. On pense tout de suite au hygge, ce mot d'origine Norvègienne et élevé au rang d'art au Danemark qui se définit comme cela :

Dans son essence, hygge signifie créer une atmosphère jolie et intime, c'est goûter de petites choses de la vie avec les personnes chères. La lumière chaude d'une bougie, c'est hygge. Source

Une atmosphère jolie et intime, c'est vraiment ce que l'on ressent quand on visite les innombrables boutiques d'objets toutes plus hygge les unes que les autres, les restaurants ou même la bibliothèque de la ville. Partout où vous vous asseyez vous n'êtes jamais loin d'un plaid et d'une bougie, tout sent bon le bois et la cannelle. Subitement, un appel à la détente et à la sieste vous envahit.

Une exception cependant : Hallgrímskirkja, l'église luthérienne de Reykjavik. Son architecture unique en fait l'un des symboles les plus reconnaissable de la ville. Pour autant, celle-ci laisse une impression différente et nous restons un long moment à la contempler. Sans le savoir c'est la suite du voyage que nous contemplons. Son architecture est inspirée du paysage Islandais et tout particulièrement des roches basaltiques.


Nous prenons la route avec notre Kia Picanto très locale et hyyge à sa façon. Ici, pas de plaid ou de bougie mais des sièges chauffants. Bien que nous soyons en Mai, le temps reste très froid.

Quitter Reykjavik et prendre la Route 1 c'est un peu comme monter dans un manège. Au début, il ne se passe pas grand chose. Nous traversons des plaines désolées, sans reliefs ni distraction à part les quelques nuages de vapeurs des exploitations géo-thermiques.

Puis tout à coup, juste avant de quitter momentanément la Route 1 pour rejoindre le Golden Circle c'est là que cela vous frappe. Comme des montagnes russes qui commencent par un looping. Nous pénétrons dans les terres et c'est comme si nous entrions dans un tout autre manège. Un manège qui résumerait tous les autres manèges. Ce n'est pas pour rien que le Golden Circle est si populaire, sur un espace relativement restreint nous retrouvons un échantillon de presque tous les paysages de l'Islande. Si l'envie vous en prend, vous pouvez même le visiter en un weekend. Tout y est : volcans avec le cratère Kerið, geysers, chutes d'eau, canyon...

Nous terminons le Golden Circle par Þingvellir comme nous terminons un manège. Au premier abord ce n'est pas l'étape la plus spectaculaire. En vérité il faut prendre le temps de la découvrir. A cet endroit se rencontrent les plaques tectoniques Européennes et Américaines. De cette rencontre est né un mur qui se dresse au milieu d'une vallée avec au loin montagnes et glaciers. L'endroit est magique à la tombée de la nuit et il ne fait aucun doute qu'en hiver celui-ci doit faire penser au Mur de Game of Thrones.


Nous reprenons le manège de la route 1. La première étape de notre parcours nous fait longer le littoral, entre terre et mer.

Nous sommes tout de suite frappés par le paysage. Une impression étrange, un peu comme celle que l'on ressent la première fois que l'on visite une ville comme New-York. Le paysage est familier car nous l'avons déjà vu maintes fois, dans des films, des jeux-videos... Nous sommes en terrain connu et pourtant c'est la dimension de tout cela qui vous saute littéralement au yeux. Les falaises donnent le vertige, les plaines vous font vous sentir seuls au monde et l'arrière plan... Au loin nous apercevons la suite du manège, l'immense Vatnajökull qui joue avec le soleil. Car en Mai, il ne fait jamais nuit. De la pénombre tout au plus. Le soleil rencontre l'horizon à 22h et danse avec lui jusqu'à 5h du matin. Cette drôle de danse nous fait un peu perdre nos repères et nous offre des couchers et levers de soleil de plusieurs heures tout en baignant le paysage dans une lumière dorée.

Nous nous dirigeons vers Dyrhòlaey, une péninsule qui se dresse à une centaine de mètres au dessus de la mer. Cette dernière nous offre une vue imprenable sur les plages de sable noir de Reynisfjara d'un côté et sur les immenses plaines que nous venons de traverser avec toujours au loin le même arrière plan. Dyrhòlaey est aussi une réserve naturelle pour les oiseaux marins, nous apercevons au loin quelques macareux.

Dernière étape avant Vik : Reynisfjara. Sans les touristes, mariés et leurs photographes on se croirait sur la lune. Le sol est noir, une alternance de sable fin presque comme de la cendre et de galets brillants qui produisent un bruit de craquement au rythme des vagues. A côté de nous se dresse un orgue basaltique, noir lui aussi et dont la régularité rend difficile à croire qu'il s'agit bien d'une formation naturelle. Un peu plus loin, au large nous aperçevons deux pics pointus au dessus de l'eau. Deux immenses rochers qui apportent un coté gothique à l'arrière plan jusqu'ici plutôt romantique.


Après Vik le paysage prend une toute autre dimension. Fini les paysages romantiques et des jeux de lumières délirants dignes des peintres hollandais. Ici, le manège prend un tournant plus solitaire et extrême. Le paysage est très similaire à ce que nous avons rencontré jusqu'ici mais tire le trait. L'eau devient glace. Les plaines verdoyantes deviennent des sandurs désertiques. Les falaises deviennent des glaciers.

Le changement est encore plus marqué après notre étape au Fosshotel Nupar. Littéralement au milieu de nulle-part, cet hôtel semble tout droit sorti d'un film de James Bond. L'impression est renforcée par le vent qui souffle fort en fin de journée. Nous nous aventurons dehors. Nous nous faisons balayé par le vent et la poussière. Alors que le soleil a déjà commencé sa danse avec l'horizon, une teinte orange apparait sur la scène. Nous sommes passés de la Lune à la planète Mars.

Le dernier tronçon qui nous amène vers le Vatnajökull et surtout le lac de Jökulsarlon est le plus impressionnant. Des kilomètres de ligne droite au milieu des éboulis volcaniques et des alluvions glaciaire. Nous ne croisons personne et le minuscule réservoir d'essence de notre Kia ne nous laisse pas vraiment en confiance.

C'est aussi à ce moment que nous effectuons une randonnée le long d'une crête au dessus d'un des bras du glacier. Plutôt facile, ce n'est qu'à la toute fin que le sentier révèle le clou du spectacle : une vue imprenable à 360 degrés du glacier jusqu'à la mer. Le soleil se reflète dans les alluvions et c'est un spectacle surréaliste bien au délà de toutes nos espérances.

Enfin, nous arrivons au terme du manège. Comme tout bon manège, il termine par un looping. Jökulsarlon est un lac glacière recouvert d'iceberg. Pour le voir il faut gravir des monticules de roche et de poussière balayés par le vent mais de là-haut le spectacle en vaut la chandelle. Nous n'imaginions pas assister à un plus beau spectacle qu'au dessus du glacier et pourtant.

Devant nous, au premier plan : le lac bleu et les icebergs blancs. Nous aperçevons des oiseaux marins qui nagent dans l'eau glaciale. Au second plan, direction Ouest, le soleil poursuit sa danse avec l'horizon. Le spectacle bleu et orange, comme une rencontre entre le feu et la glace. Le feu du soleil, les volcans, la glace et l'eau. Tout cela sous nos yeux. Nous prenons probablement 200 photos mais malgré nos efforts il est impossible de retranscrire la force de ce paysage.


La route du retour est l'occasion de s'arrêter voir plusieurs chutes d'eau. A première vue, quand notre guide ne listait que des chutes d'eau comme attractions nous nous attendions à trouver cela lassant mais pas du tout. Chacune est unique. Seljalandsfoss pour n'en citer qu'une offre un chemin qui passe derrière la colonne d'eau qui en fait un lieu prisé par les photographes.

C'est aussi le moment des premières frustrations. L'un des sites touristiques du littoral est l'épave d'un DC-13. Cet avion américain a du faire un atterrissage d'urgence il y a 40 ans - heureusement sans victimes. C'est depuis un site lui aussi très prisé des photographes et vidéastes. Pour y accéder il faut marcher 8 kilomètres aller-retour dans le sable et la poussière volcanique. C'est ce même jour qu'un tournage mal indiqué, nous interdit l'accès à l'épave. Bilan : près de deux heures de perdu et une petite dent contre Studio Canal (CanalPlus).

La frustration est de courte durée car notre séjour s'achève de la meilleure des manières au Blue Lagoon. Très proche de l'aéroport, il s'agit d'un lac artificielle alimenté en eau riche en argile et minéraux par la station géo-thermale juste à côté. Dehors le paysage est vide et lunaire et nous nous baignons dans un haut à 30 degrés d'une couleur blanche et bleu avec un ciel orageux. Une expérience grisante à faire au moins une fois dans sa vie. C'est détendu que nous prenons l'avion pour rentrer avec qu'une seule envie, revenir et faire un autre manège cette fois-ci dans les terres. A bientôt l'Islande !