Canada ’16

Islande ’16
6 avril 2017
Mélanie + Stéphane
6 décembre 2016
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Pour comprendre la manière dont nous avons vécu ce voyage, il est important de rappeler le contexte. Tous les ans, nous choisissons de partir entre la rentrée et la Toussaint pour un "long voyage". Cette année était toute particulière car nous avons vécu une saison de photos très intense. Depuis Juillet nous étions "la tête dans le guidon" à réaliser des reportages pour nos clients. Une période si intense que la saison s'est achevée par une livraison client à 4h du matin la veille du départ. Autant dire que la préparation de ce voyage était réduite à son minimum.

C'est donc avec un regard complètement naïf que nous avons découvert le Québec. Le Québec qui pour nous était une "petite région du Canada où l'on parle français avec un drôle d'accent". Nous étions assez loin de la vérité.

Pour découvrir le Québec nous avons choisi d'effectuer une boucle en voiture avec comme point de départ Montréal. Nous nous sommes ensuite dirigés vers le Mont Tremblant un peu plus au Nord à la découverte des "couleurs". Nous avons poursuivi vers le parc de la Mauricie plus à l'Est et nous avons posé nos valises à Baie Sainte-Catherine pour découvrir la fameuse Acropole des Draveurs ainsi que les baleines qui peuplent l'embouchure du Saint-Laurent.

Nous avons ensuite changé de rive, à la découverte du parc du Bic puis nous avons assisté à l'arrivée de l'Hiver en faisant un tour rapide de la Gaspésie. Enfin, nous nous sommes dirigés vers la ville de Québec, en faisant halte dans la magnifique ville de Kamouraska. Pour terminer, nous sommes revenus à Montréal, notre point de départ pour nous diriger vers New York, là où notre voyage s'est terminé.

Nous entamons notre découverte du Québec avec la ville de Montréal. C'est la deuxième ville francophone au monde, après Paris. Un début de voyage en douceur dans une ville cosmopolite qui représente à elle seule le grand écart culturel qu'est le Québec. A Montréal, d'un quartier à l'autre nous voyageons entre Amérique du Nord, vieille Europe et toutes les cultures qui ont construits cette ville. L'influence Nord-Américaine en fait une ville grande et pleine d'espace où l'on respire et où l'on ne se sent jamais accablé par la foule. Depuis le parc du Mont Royal, nous découvrons une vue incroyable sur la ville aux couleurs rouge et or de l'automne. Montréal c'est aussi l'occasion de goûter un plat typique (autant que la poutine) : le smoked-meat sandwich du célèbre restaurant Schwartz's. Deux tranches de pain de mie, vingt tranches de bœuf fumé, un cornichon et de la moutarde, rien de tel pour affronter le froid.

Notre voyage se poursuit ensuite vers le Mont Tremblant pour y découvrir davantage les fameuses couleurs de l'automne canadien, fidèle à sa réputation. Les randonnées sont agréables - beaucoup moins ardues que dans les Alpes >> ici << - et propices à admirer le paysage. L'expérience se renouvelle à la Mauricie et se termine à l'Acropole des Draveurs. Acropole, qui tire son nom d'un poème :

...puissante forteresse que je surnommai l'Acropole, parce que j'y élevai un Parthénon de rêve sur la frise héroïque duquel défilaient les grands draveurs...

Félix Antoine Savard, 'Le Bouscueil' (1972)

Les draveurs étaient des bûcherons qui, à la fin de la saison, descendaient le bois sur le fleuve, debout sur les troncs, en repoussant les obstacles. Une profession à risque...

A chaque randonnée, nous sommes parmi les derniers randonneurs à explorer les sentiers. En effet, "l'action de grâce", mi-octobre, marque la fin de la saison estivale. Les parcs ferment pour entamer des travaux, se préparer à l'hiver et la saison prochaine.

Notre exploration de la rive-gauche du Saint-Laurent se termine par une séjour à Saint-Irénée, au gîte "Le Port d'Attache", dans l'une des régions les plus belles du Québec : Charlevoix. Ce séjour fût l'occasion d'une belle rencontre, celle de Bernadette et Regent, les hôtes du gîte. Régent est retraité de la marine marchande, depuis sa cuisine il observe les bateaux de marchandise qui remontent le Saint-Laurent. Bernadette est enseignante à la retraite, elle est curieuse et a la conversation passionnante.

Cette rencontre a marqué un tournant dans notre découverte du Québec. Nous avons réalisé une nouvelle fois que découvrir une région passe aussi et avant tout par découvrir ceux qui y habitent. Cela peut sembler évident mais c'est d'autant plus vrai au Québec. On y tombe sous le charme pour les paysages mais c'est la bonne humeur et l'extrême gentillesse de ceux qui y vivent qui nous en fait tomber amoureux.


Suite et fin de notre aventure Québécoise avec la découverte de la rive droite du Saint-Laurent et le tour de la Gaspésie. Si la rive gauche nous a offert les magnifiques couleurs de l'automne, c'est bien la grisaille de l'hiver qui nous attend en Gaspésie.

Nous commençons par le parc du Bic qui surplombe la fameuse baie du Ha! Ha!. Entre terre et mer, ce parc est connu pour offrir les couchers de soleil parmi les plus beaux au monde. Nous n'avons pas eu la chance de les voir mais il offre une expérience assez unique avec son relief escarpé et ses berges à l'abri du vent où se reposent des centaines de canards et d'oies.

Notre tour de la Gaspésie s'est effectué sous une pluie battante, peu de touristes et beaucoup de chasseurs. Les seuls caribous que nous avons vu sont ceux qu'ils ramènent dans la benne de leurs pickups. Ce n'en est pas moins impressionnant. Lors d'une première étape nous rencontrons un couple de Français, tombés amoureux de la Gaspésie et qui ont tout laissé pour s'y offrir un camping. Lors de notre passage, nous étions les seuls touristes. Mais ils ne se reposaient pas pour autant, il fallait rentrer un maximum de bois avant les premières neiges.

Notre découverte de la Gaspésie est surtout marquée par la ville de Percée et son magnifique gîte "Le Presbytère" qui, comme son nom l'indique est un ancien presbytère. Michel, l'hôte, est d'une bienveillance incroyable. Il a l'habitude de préparer pour ces convives, un véritable festin tous les matins lors du petit-déjeuner. Déclinaison de fruits et de marmelade sous toutes ses formes sont au menu : Ananas coco sirop d'érable, pamplemousse poivrée et miel, mandarine et melon au clou de girofle, marmelade de citrouille, fraise & framboise...La décoration victorienne et l'ambiance feutrée est idéale pour attendre que la pluie cesse et découvrir l'attraction de la région : l'immense rocher percée au large de la ville. Nous avons donc décidé de rallonger notre séjour.

Notre visite de la Gaspésie se termine par le parc de Forillon qui offre une vue incroyable sur la pointe de la Gaspésie et la mer. La route qui mène à Rimouski est elle aussi magnifique, en serpentant le long de la rive du Saint Laurent.

C'est presque par hasard que nous faisons halte à Kamouraska, à la poissonnerie Lauzier. Une excellente surprise ! Le poisson y est délicieux. Bisque de homard, plancha de saumon, crevettes et esturgeon fumé à l'ancienne dans leur fumoir, à table! Après plusieurs heures de route le bonheur est d'autant plus grand. La ville de Kamouraska vaut le détour elle aussi. C'est une succession de petites maisons colorées pleines de charmes. L'occasion aussi de découvrir les décorations d'Halloween sur certaines maisons.

Nous terminons par la ville de Québec, qui n'est pas sans rappeler Saint-Malo avec ses remparts qui encerclent la ville. Ce n'est peut-être pas un hasard quand on sait que c'est Jacques Cartier, le célèbre explorateur Malouin qui découvrit le Québec. Très différente de Montréal, la ville fait très européenne avec ses petites rues pavées et alambiquées. L'extérieur de la ville quand à lui rappelle d'avantage l'influence Nord-Américaine. C'est ce contraste qui donne un charme tout particulier à la ville.


Est-ce vraiment nécessaire de présenter New-York ? Le moins que l'on puisse dire c'est que le contraste avec le Québec est saisissant. Loin des grands espaces et des habitants à la gentillesse sans limites, la grande ville et les New-Yorkais offrent une expérience... différente.

Notre séjour n'a été que de deux nuits et trois jours, c'est trop peu pour vraiment découvrir la ville mais bien assez pour avoir envie d'y revenir.

Des centaines de fois j’ai pensé que New York est une catastrophe, et une cinquantaine de fois : c’est une magnifique catastrophe.

Le Corbusier